Accord de Paris : 5 ans déjà, 5 ans seulement…

C’était le 12 décembre 2015, 195 pays adoptaient l’accord de Paris sur le climat et prenaient l’engagement de contenir le réchauffement climatique « nettement en dessous des 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C ».

5 ans plus tard, où en sommes nous ?

L’accord de Paris est-il « une prophétie autoréalisatrice », comme le souhaitait l’ambassadrice française pour le climat Laurence Tubiana, « avant tout un narratif, une histoire que nous nous sommes racontée », comme l’estime le politiste et sociologue Stefan Aykut, coauteur du livre « Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales » (éd. Les Presses de Sciences Po, 2015), «un succès » selon le mot de Christiana Figueres, ex-responsable de l’ONU pour le climat et une des chevilles ouvrières de l’accord ?

Verre à moitié plein ou verre à moitié vide, que peut-on en dire ?

Commençons, une fois n’est pas coutume, par le positif.

Dans les premiers engagements suite à l’accord de Paris, appelés « contributions déterminées au niveau national (NDC) », les choix proposés plaçaient la planète sur une trajectoire de réchauffement de + 3 °C à + 4 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Ces promesses doivent être renouvelées et revues à la hausse tous les 5 ans. Qu’en est-il donc en 2020 ? 126 pays, qui représentent 51 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre , ont pris ou annoncé un engagement à atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici trente ou quarante ans. Le président chinois, Xi Jinping s’est engagé en septembre à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Le président élu des États-Unis, Joe Biden a promis de revenir dans l’Accord (que Donald Trump avait quitté) en se fixant un objectif de neutralité carbone, comme l’a fait également le Japon. L’Europe a acté ce week-end la relèvement de son objectif de réduction de 40 % à 55 % en 2030, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson est encore plus ambitieux pour le Royaume-Uni avec une annonce de réduction de ses émissions de 68 % d’ici 2030 par rapport à 1990.

Selon le Climate Action Tracker (CAT), si elles sont tenues, la somme de ces nouvelles promesses permettrait de limiter le réchauffement à + 2,1 °C en 2100.

Le doute réside dans l’incertitude sur la tenue de ces promesses. Quant à l’aspect négatif, il repose essentiellement sur la temporalité : « 2050, ça reste trop loin, il faudrait des dispositions plus rapprochées, des obligations assez concrètes pour la fin de la décennie, afin que les investisseurs changent leurs lignes de production dès à présent, et que les politiques publiques s’alignent en conséquence », dit Olivier Fontan, directeur exécutif du Haut Conseil pour le climat, qui affirme que l’« on est encore loin du compte », mais reconnaît qu’ «avec le jeu du rehaussement de l’ambition des États, on se rapproche des objectifs de l’Accord ».

Demeurent aussi les mauvais élèves comme le président du Brésil… mais globalement, comme l’affirmait sur France Inter Thomas Legrand, la question est moins dorénavant « de savoir s’il faut être écologistes que de savoir comment l’être ». Déjà un grand pas en avant.

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