Une école de la vie ?

La question n’est pas nouvelle comme le rappelle  l' » éduveille  » de l’IFé du 25 mai 2021 sous le titre « Est-ce que l’École prépare à la vie ? ». Bien au contraire, elle semble inhérente à toute réflexion sur l’élaboration d’un système éducatif.

En France, comme le montre l’article de l’IFé ? le découpage en matières scolaires structure l’enseignement, dont « les temps d’apprentissage des élèves (emplois du temps divisés par discipline), […] fixe également les limites de l’influence et de l’autorité des enseignant.e.s et crée une hiérarchie symbolique entre les disciplines en fonction de leur utilité dans le jeu scolaire ». Il se heurte à « l’introduction de compétences transversales, de projets interdisciplinaires, ou encore d’Éducations à ».

Or, ce sont justement ces démarches, inspirées des pédagogies nouvelles et actives, qui tentent de répondre le mieux à l’objectif fixé par la stratégie européenne de Lisbonne d’acquisition de compétences « utiles pour la vie » (« skills for life » ), comme l’interroge Marie Duru-Bellat (2015) : « Est-ce sur la seule base de savoirs académiques qu’une personne peut évoluer dans sa carrière ? De quoi a-t-on besoin pour s’insérer dans la « vraie vie » ? Et si l’alternance pouvait être « éducative » ? Ces interrogations inédites vont de pair avec tout un arsenal de nouveaux concepts pédagogiques : interdisciplinarité, objectifs, contrat, partenariat, compétences transversales, visant tous à rendre plus transparents, plus évaluables et donc in fine (espère-t-on) plus démocratiques les processus de formation ».

D’ailleurs au premier rang de leur essai intitulé « 10 propositions pour changer d’école » en 2015, François Dubet et Marie Duru-Bellat revendiquent le double objectifs de « transmettre et préparer à la vie : l’école française doit cesser d’être, pour l’essentiel, un appareil distribuant des diplômes qui permettent de se placer, pour jouer pleinement son rôle d’instruction et d’éducation des jeunes ».

Des exemple internationaux illustrent bien cette volonté de préparer à la vie. C’est, selon Christian Galan, chercheur à l’IFRAE (Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est), le cas de l’école japonaise dont la mission « n’a jamais été que de transmettre. Dans les directives, elle est définie comme un lieu de socialisation, de rencontre et d’apprentissage du vivre-ensemble […] » (Galan in Gény, 2020). Les cours « d’économie domestique  » en Finlande, l’éducation à la santé et au bien-être également en Finlande et au Québec, l’enseignement de la littératie financière au Canada sont autant d’expériences, qui « ne doivent pas forcément servir de modèle, [mais] nous permettent au moins d’interroger l’organisation du système éducatif et de ses contenus, mais aussi les finalités attribuées à l’École en France ».  

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« Éduveille » du 25 mai 2021 : Est-ce que l’École prépare à la vie ? | Éduveille (hypotheses.org)

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