Le harcèlement en milieu scolaire, un fléau individuel et collectif

Difficile d’évaluer de manière très précise le nombre de victimes de harcèlement scolaire : 6 à 10 % des élèves subiraient une forme de harcèlement et entre 800 000 et 1 millions en seraient victimes chaque années, si l’on croise les différentes données disponibles selon le rapport de la mission d’information sénatoriale. Un chiffre conforté par le développement massif du cyberharcèlement.

Le rapport rappelle que le harcèlement ne doit être considéré comme « une violence de nature spécifique », « intentionnelle, délibérée, commise en groupe ». Si elle est souvent destructrice pour les victimes, elle a également des conséquences négatives sur les « témoins passifs » d’acte de harcèlement et plus globalement elle influe sur la dégradation du climat scolaire, alors que le plus fréquemment elle se déroule à l’écart du regard des adultes. Ainsi, une étude de 2010 faisait apparaître que « 20 à 25 % des élèves absentéistes chroniques n’allaient plus à l’école par peur du harcèlement ».

Le rapport insiste sur le fait que « l’enjeu éducatif de harcèlement scolaire est majeur ». Il l’est bien entendu dans le cadre de la scolarité des victimes puisque le harcèlement « entrave la bonne transmission des connaissances aux élèves ». Mais il l’est surtout parce qu’« il bride la liberté individuelle, porte atteinte à l’égalité en droits et fracasse l’idéal de fraternité ». Le harcèlement apparaît comme un fléau, une violence discriminatoire envers toutes différences à laquelle « les enfants particulièrement vulnérables sont plus souvent victimes ».

Selon le rapport sénatorial, le développement des réseaux sociaux numériques renforce la possibilité d’un harcèlement prolongé, permanent, davantage encore à l’abri de la surveillance des adultes. Il est caractérisé par un fort caractère sexuel voire pornographique dont les filles sont majoritairement les victimes. Bien qu’ayant lieu, le plus souvent, en dehors de l’espace scolaire, les rapporteuses exhorte l’école à ne pas s’en désintéresser. En effet selon une étude récente de l’Ifop , « 89 % des violences répétées subies en milieu scolaire et périscolaire sont le fait d’un ou plusieurs élèves de l’établissement scolaire ». Il s’agit donc d’une agression entre pairs, née dans le cadre scolaire et qui se prolonge en dehors sur les réseaux, espace où la violence « à distance » peut s’exercer encore avec plus de force et d’excès.

Si de nombreux dispositifs ont été initiés depuis une dizaine d’années pour lutter contre le harcèlement en milieu scolaire, la mission d’information constate qu’ils sont souvent mal connus, mal utilisés et qu’ils ne répondent que partiellement aux besoins.

Nombreux sont par exemple les enseignants qui disent manquer de formation : si 62 % d’entre eux disent être amené à gérer des cas de harcèlement, seuls 35 % se considèrent suffisamment armés pour les gérer. 83 % affirment n’avoir jamais reçu de formation dans ce domaine, alors qu’ils expriment avec le même pourcentage la nécessité de reconnaître le harcèlement comme un enjeu de santé publique.

Ce besoin de formation initiale et continue est inscrit parmi les 35 préconisations réparties en trois axes (prévenir – détecter – traiter) que fait la mission d’information sénatoriale.

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Le rapport est à retrouver ici :

https://www.senat.fr/espace_presse/actualites/202109/harcelement_scolaire_et_cyberharcelement.html

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