Apprendre à voir

« Apprenez à voir » demandait Léonard de Vinci à ses élèves, les incitant à apprendre à voir pour savoir mieux montrer. Car l’art et la culture proposent un regard sur le monde. Des regards, faudrait-il même dire, tant il s’agit de fenêtres diverses et variées ouvertes sur le monde pour aider à le découvrir, le rencontrer, s’en imprégner, s’en nourrir… le faire sien.

Aussi, rien de ce qui ne concerne le monde, n’échappe à l’art et à la culture. Sans dire ce que doit être pensé ou fait, la représentation artistique donne à voir et permet de questionner.

Ainsi en est-il par exemple de la place des femmes, alors que se pose de manière accrue la lente et difficile progression vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais combien de femmes reconnues dans les arts plastiques, dans le cinéma, alors que la représentation du corps féminin (souvent dénudé) reste d’actualité ? Combien de cheffes d’orchestre, quand elles sont davantage incitée à se consacrer au chant ?

S’« il n’y a pas d’art féministe », comme l’écrit Christine Bard dans Féminismes. 150 ans d’idées reçues, l’ouvrage qu’elle a dirigé aux édition du Cavalier Bleu en 2020, peut-être y a-t-il des œuvres indispensables à connaître pour penser la place des femmes, c’est en tout cas ce que propose le livre « 100 œuvres cultes à connaître quand on est féministe » issu du site « Quoi de meuf ».

La question environnemental n’est pas non plus absente de l’art et de la culture. Le travail de l’historienne d’art Estelle Zhong-Mengual éclaire la présence du vivant dans les œuvres, montrant que longtemps son utilisation a été faite au service de l’image de l’être humain : une « nature » parlant de nous et non d’elle. Considérer le vivant comme une altérité, une relation complexe, qui a une histoire à raconter, est également une manière d’apprendre à voir. Ainsi, au-delà, il s’agit de développer sa « sensibilité au vivant » pour apprendre à le voir autrement. Une invitation à interroger -et à déconstruire- la manière dont notre regard est (dé)formé et comment il peut se (trans)formé au contact des œuvres artistiques et culturelles. « Quel est notre œil pour le vivant ? » demande Estelle Zhong-Mengual dans son livre « Apprendre à voir » paru aux éditions Actes Sud en juin 2021, qui évoque également la place de l’art dans la crise écologique. L’historienne d’art est également sur le site de l’Observatoire des politiques culturelles http://www.observatoire-culture.net/rep-edito/ido-477/estelle_zhong_mengual_que_peut_l_art_face_a_la_crise_ecologique.html.

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