Pour Terra Nova, la réforme de l’École reste à faire

« Jamais le débat sur l’école n’a semblé plus difficile, ni plus nécessaire, qu’au sortir d’une crise sanitaire qui a mis à l’épreuve notre système d’enseignement. Celui-ci a fait preuve de réactivité dans l’urgence mais il a aussi révélé le besoin d’accompagnement des élèves. Les attentes vis-à-vis de l’école sont plus fortes encore qu’avant l’épreuve du Covid ».

Ainsi débute la synthèse d’un rapport du think tank Terra Nova intitulé « L’école de l’attention » et publié le 17 décembre dernier comme une contribution à la campagne présidentielle.

On peut y lire une critique à peine masquée du « rythme des textes ministériels […] particulièrement élevé », mais qui, malgré les « outils permettant de mieux repérer nos difficultés et les meilleures méthodes pour améliorer les pratiques scolaires à partir d’études et d’évaluations fondées sur des preuves », n’arrive pas «  à identifier et traiter les bons sujets »

Alors qu’« il manque souvent un climat de confiance propice aux changements des pratiques et à l’appropriation des réformes par les acteurs de l’éducation », les auteurs affirment que « dans le prochain quinquennat, il faut dépasser les initiatives éparses et mener un projet systématique, pour viser un changement collectif des mentalités et des pratiques ». Ils reprochent en effet aux multiples réformes déjà entreprises de s’être essentiellement concentrées sur « un schéma de réorganisation administrative » alors qu’en s’appuyant sur les études internationales, il convient davantage d’« encourager les changements des comportements : encourager les élèves qui ressentent un besoin de soutien pour progresser, renforcer leur capacité d’attention et leur persévérance, favoriser leur implication à l’école, développer leur ambition scolaire, encourager le travail collectif entre élèves et au sein des équipes pédagogiques à l’échelle de l’établissement, encourager la participation des parents à la vie de l’établissement ».

Pour Terra Nova, « des outils existent, et sont déjà mobilisés dans de nombreux établissements (mallette des parents, enquêtes sur le climat scolaire…) pour développer ces ambitions », mais l’ambition nationale manque pour en généraliser la pratique.

A partir de constats généralement partagés, le rapport appuie plusieurs propositions, dont celles de :

construire des outils d’intervention à partir de données probantes issues de la recherche, de l’expérimentation, des comparaisons internationales et des évaluations. Orienter le débat scolaire vers les données jusqu’à présent invisibles de la sous-performance scolaire ;

– lutter contre le fatalisme scolaire des élèves en leur permettant de travailleur sur leur estime de soi scolaire, en leur donnant des méthodes renforçant la persévérance au travail, en développant leur ambition scolaire par un travail plus précoce sur l’orientation, grâce à des outils valorisant la diversité des filières et des débouchés ;

– développer les méthodes d’apprentissage coopératives. Accompagner les élèves dans une exigence de travail, soutenu par un état d’esprit dynamique favorable à la découverte et au renforcement de la confiance en soi ;

– lutter contre la peur de l’échec, le stress, le désengagement scolaire. Développer les méthodes positives d’évaluation du travail n’enfermant pas dans l’échec ni dans une vision statique de l’apprentissage ;

– renforcer la capacité d’attention des élèves en organisant leur semaine de manière à tenir compte de leurs besoins et de leurs rythmes ;

– diffuser les outils existants d’auto-évaluation du climat scolaire des établissements pour engager tous les acteurs des établissements dans une démarche d’amélioration concertée ;

développer la perspective de co-éducation en améliorant la relation entre les établissements et les parents. Au-delà des dispositions institutionnelles concernant l’association des parents à la vie de l’établissement, développer les outils permettant aux parents de mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur des établissements : rencontres plus fréquentes avec les parents (« malette des parents »), choix de devoirs à la maison propices au dialogue avec la famille, incitation à la lecture en famille, contacts plus réguliers avec les enseignants (échanges de SMS, visite à domicile…), université des parents leur aidant à maîtriser les programmes

Une analyse assez éloignée du satisfecit proposé il y a quelques semaines par le libéral Institut Montaigne, plus proche, il est vrai, de Jean-Michel Blanquer, que Terra Nova mais qui contribue à maintenir le débat sur l’École et l’Éducation au niveau de la question du sens. En espérant que les candidat.e.s à l’élection présidentielle voudront bien se hisser à cette hauteur de réflexion.

Pour lire l’ensemble du rapport : L’école de l’attention | Terra Nova (tnova.fr)

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