Les universités populaires ou le « partage du savoir » en question

C’est avec l’affaire Dreyfus (1894-1906) et la création de la première « coopérative des idées » en 1898 que naissent et se développent rapidement les universités populaires. Ainsi elles sont 15 en 1899, 124 en 1901 et 200 en 1913 (Mercier, 1986). Puis, elle vont connaître un déclin aussi rapide, même si aujourd’hui plusieurs structures se réclament encore de cette appellation.

Mais de quoi s’agit-il ? La dernière note « analyse et synthèse » de l’INJEP tente de contribuer à répondre à cette question tout en affirmant l’originalité des universités populaires « ni tout à fait des associations culturelles comme les autres, ni tout à fait des associations de solidarité comme les autres ».

En effet, si les universités populaires, confrontées aux mêmes difficultés que les autres associations (« équilibre financier, équipement, locaux, engagement des bénévoles, recours au salariat, participation des publics, gouvernance associative » ) « combinent de manière originale une offre de loisirs cognitifs et des dispositifs de maintien ou de renforcement du lien social », leur spécificité est de « développer un « partage des savoirs » caractérisé par un principe d’ouverture à tous ».

« Conférences, ateliers (bien-être, peinture, yoga, couture, etc.), sorties patrimoniales, voyages culturels, festivals, cours de langues », mais aussi «cours d’alphabétisation, apprentissage de base, soutien scolaire, point CAF, accueil de primo-arrivants, etc » constituent la base des activités variées proposées par les universités populaires dans une visée émancipatrice. L’ancrage dans l’éducation populaire les conduit à une ouverture au plus grand nombre et à la plus grande diversité les distinguant « des objectifs classiques de l’enseignement supérieur dans une logique de renforcement de l’exercice de la citoyenneté » ; distinction encore renforcée par le fait que leurs intervenants sont « souvent issus d’autres horizons que ceux de l’enseignement universitaire ».

Pour autant, deux écueils n’échappent pas au fonctionnement des universités populaires. D’une part, et là réside certainement leur fragilité originelle, : celui des pratiques pédagogiques qui conduit très souvent à maintenir ou reproduire le « rapport maître/élève de l’enseignement scolaire ». Le second est lié au « rapport à la culture de leurs publics » (Mercier, 2009), qui conduit à ce que les universités populaires, au-delà de l’existence d’une association nationale (AUPF) et d’un réseau informel (le Printemps des universités populaires), soient essentiellement des associations « émiettées », le plus « souvent construites autour de collectifs ou de personnalités inscrits dans la vie locale et engagés dans d’autres activités (responsables associatifs, collectifs citoyens, militants syndicaux, acteurs sociaux ou éducatifs, etc.) ». Aussi si elles sont ouvertes à tou.te.s, leur gouvernance relève davantage d’un entre soi, conduisant « beaucoup de responsables [à regretter] la séparation entre “des membres actifs participant à” et des “consommateurs de connaissances” », comme le notent les auteurs.

La note de l’INJEP est à retrouver ici : INJEP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :