Scouts toujours ?

Ce sont les conditions météorologiques qui ont mis en lumière le scoutisme durant ce week-end de Pentecôte, puisqu’en effet 30 000 scouts unitaires célébrant, avec un peu de retard, les 50 ans de leur mouvement ont dû ce réfugier dans le château de Chambord, ouvert exceptionnellement pour les accueillir et les protéger des orages. Occasion de cette « publicité » due au ciel pour revenir sur le scoutisme français et son histoire plus que centenaire.

C’est en effet en 1911 que le scoutisme, créé en Angleterre par Robert Baden-Powell en 1907, s’installe en France avec deux premiers mouvements : les Éclaireurs de France, se présentant comme laïques ou « neutres » et les Éclaireurs unionistes de France d’obédience protestante. C’est une entrée principalement spirituelle qui inspire le développement du scoutisme en France, même si à l’origine l’église catholique y était opposée, y voyant un mouvement panthéiste proche de la franc-maçonnerie. Ce n’est qu’après la première guerre mondiale et dans la lignée de sa doctrine sociale que l’église catholique permet la naissance et le développement des scouts de France puis des guides de France (pour les filles), mouvements qui fusionnent en 2004.

Comme le précise Christophe Carichon (en janvier 2022, sur France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/jeunesse-comment-les-scouts-sont-ils-re-devenus-tendance-8220969)  : « Le mot « scout », « éclaireur » en français viendrait lui-même du vieux français « aller en escoute » qui voulait dire « partir en éclaireur » justement. Puis, c’est revenu en France. Les Éclaireurs de France et les Éclaireurs unionistes de France ont préféré francisé le terme il y a une centaine d’années ».

Organisé dans une fédération, le Scoutisme français rassemble aujourd’hui six associations représentant plus de 110 000 jeunes et responsables autour d’une proposition éducative nourrie de valeurs spirituelles (religieuses ou non) mais aussi citoyennes et solidaires. Il s’enracine dans une histoire commune. « Le but du scoutisme est de participer, aux côtés des parents, à l’éducation des enfants et des jeunes pour qu’ils deviennent des adultes libres, utiles, responsables et heureux » écrivent sur leur site les scouts unitaires de France. Ils ajoutent, « la pédagogie scoute repose sur deux principes fondamentaux : la confiance et la progression individuelle ».

Il existe en effet une pédagogie scoute spécifique. « Parallèlement à l’École officielle furent tentées en France, dans les deux premiers tiers du xxe siècle, certaines expériences pédagogiques au nombre desquelles le Scoutisme doit être compté » explique Christian Guérin (dans son article « Le scoutisme français : une expérience pédagogique parallèle » in : Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 28 N°1, Janvier-mars 1981. Livre, éducation, savoirs, XVIIe-XXe siècles. pp. 118-13), rappelant par exemple la proximité du directeur de l’École des Roches, Georges Berthier, avec les éclaireurs de France… C’est en effet le mouvement laïque des éclaireurs (devenus des éclaireurs et éclaireuses de France) qui sera le plus proche du monde des enseignants de l’école et de l’université publiques.

La proximité avec la nature, la solidarité, l’apprentissage de la vie collective font actuellement le succès du scoutisme en France, même s’il convient de distinguer au sein même du mouvement des courants très différents : certains progressistes, d’autres nettement moins…

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