L’irrégulière : la revue des enfances à la marge

Créée en 1998, « L’ irrégulière – revue d’histoire de l’enfance », est une publication traitant des questions relatives à l’accompagnement et à la prise en charge d’enfants et de jeunes en marge du système dans toutes les périodes avec une approche historiographique renouvelée. 

Préalablement intitulée « Temps de l’histoire » puis « Revue de l’enfance « irrégulière « , cette publication est initialement issue d’une collaboration entre l’Association pour l’histoire de la protection judiciaire des mineurs (AHPJM) et le Centre national de formation et d’études de la Protection judiciaire de la jeunesse (CNFE-PJJ). Ainsi, qu’ils soient auteurs·rices ou victimes, chaque situation d’enfant est abordée en articulant la recherche historique et les éléments issus du champ professionnel de l’éducation spécialisée. Cette revue, depuis le numéro 24, est publiée par les éditions Anomosa et propose des éclairages tant sur des évènements ayant eu lieu en France qu’au niveau mondial.

Parue en aout 2026, la vingt-huitième publication ciblant les « Jeunes en révolte, XIXème-XXIème », revient sur des contestations enfantines sous l’Ancien Régime en France, sur l’événement des « Cinq journées de Milan »en Italie, sur la révolte de lycéens à La Réunion en contexte colonial ou bien encore sur la délinquance juvénile autour du football en Angleterre ou les engagements de la jeunesse lors du printemps arabe en 2001. 

Un double article complète ce premier panorama en détaillant les effets de la coercition sociale subie par les jeunes filles dans les « écoles de préservation ». Le premier, intitulé Corps en révolte. Les filles des « écoles de préservation »[1], est un portfolio construit autour de la vitalité et de l’indocilité des jeunes filles enfermées et est conçu par Vanessa Desclaux, artiste photographe, et par Agnès Geoffray, curatrice, critique d’art et chercheuse. En résonance avec ces clichés, le second article proposé par Karine Salomé, historienne et chercheuse, met en lumière les Itinéraires de filles en révolte ayant conduit le 6 mai 1947, quarante jeunes filles âgées de 17 à 20 ans à la mutinerie dans la prison de Fresnes.[2]

Ces différents articles sont éclairants pour qui veut comprendre l’évolution des politiques éducatives et des pratiques pédagogiques ainsi que de leurs effets aujourd’hui encore sur la vision partagée de cette période si particulière qu’est l’enfance. Par l’analyse historique, comprendre comment et pourquoi les jeunes, marginaux ou marginalisés, interrogent notre système institutionnel autant dans la définition de la norme sociale attendue que dans les réponses qui sont apportées aux situations identifiées comme déviante à celle-ci. Dans sa forme, la revue articule des extraits d’archives, des encarts avec des documents originaux ou des témoignages, des documents iconographiques, le tout en s’attachant à respecter une réalisation éditoriale soignée renforçant ainsi le plaisir de la prise de connaissance des différents sujets présentés.

Nous vous en recommandons vivement la lecture.

Pour poursuivre la lecture : L’Irrégulière – Revue d’histoire de l’enfance, Éditions Anamosa, aout 2026


[1] Vanessa Desclaux et Agnès Geoffray, Corps en révolte. Les filles des « écoles de préservation », pp89 à 106

[2] Karine Salomé, Fresnes, 1947. Itinéraire de filles en révolte, pp107 à 120


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