La santé mentale : un enjeu de société mondial

Depuis 1992, le 10 octobre est la Journée mondiale de la santé mentale. Définie selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), comme étant « un état de bien-être mental qui nous permet de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la communauté. »[1], la santé mentale est un véritable enjeu de société.

Préserver le lien au monde

En effet, faisant partie intégrante de la santé et du bien-être, elle participe au développement des compétences permettant de s’insérer dans la vie sociale : prendre des décisions, être attentif au monde extérieur, nouer des relations, autant de capacités nécessaires pour « faire société ».

Une précision est ici nécessaire : un trouble de la santé mentale est influencé par de nombreux facteurs : individuels, socio-économiques, sociétaux et il peut autant recouvrir le mal-être qu’un trouble psychique.

Ainsi, lorsque se développe un trouble de la santé mentale, il va atteindre autant le bien-être émotionnel, psychologique que social et, sans prise en charge adéquate, participe à l’effritement du lien essentiel qui relie le sujet atteint au monde qui l’entoure.

En parler pour rompre l’isolement

Remise en lumière chaque année via cette Journée mondiale, la santé mentale, thématique reconnue comme grande cause nationale pour l’année 2026, est progressivement sortie du seul champ médical pour devenir un sujet social partagé.

En effet, longtemps abordée par le prisme du « fait divers », souvent circonscrit à la seule question du trouble psychique, elle est désormais médiatiquement évoquée autant en termes de prévention nécessaire que de partage d’expériences réelles.

C’est d’ailleurs le thème retenu par l’OMS pour l’année 2026[2] ; intitulé « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement », ce choix vise à donner plus de visibilité aux personnes vivant avec des problèmes liés à la santé mentale mais également « à ce que leurs voix soient prises en compte dans les politiques, les services et les décisions qui affectent leur vie »2.

Un exemple très fort de témoignage nous a été donné par le journaliste Nicolas Demorand concernant sa bipolarité. Après avoir annoncé en direct lors de la Matinale de France Inter, « Je suis un malade mental, je ne veux plus le cacher »[3], il a écrit un livre qui a connu un grand succès[4] et a partagé son parcours personnel de soin et d’internement dans le podcast « Si besoin »[5]. Avec honnêteté et simplicité, Nicolas Demorand se livre à un exercice particulièrement difficile mais essentiel : sortir de l’isolement dans lequel l’a placé sa maladie pour en faire un témoignage partagé et éclairant.

Continuer à faire évoluer les mentalités

Des études ont déjà abordé cette thématique et sont devenues des classiques des sciences sociales en modifiant considérablement le regard porté sur la santé mentale : on peut penser au livre de Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique[6], à l’étude d’Erving Goffman intitulé Asiles. Étude sur la condition sociale des malades mentaux[7], ou bien encore le livre de Robert Castel L’Ordre psychiatrique[8].

Des recherches nouvelles, en lien avec la visibilité des enjeux de la santé et l’attention particulière portée aux plus jeunes, sont actuellement en cours comme l’illustre la publication de ce livre Recherche et innovation en psychiatrie et en santé mentale : construire ensemble les solutions pour demain qui doit être publié à l’occasion du 10 octobre sous l’égide d’une équipe de recherche soutenue par la Fondation pour la recherche médicale[9] et le think tank Alliance pour la santé mentale[10].

L’OMS le rappelle, souffrir d’un problème lié à la santé mentale touche plus d’un milliard de personnes dans le monde[11], c’est donc un enjeu majeur qui nécessite plus que jamais de passer à l’action.

Pour aller plus loin :

> Santé Publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/sante-mentale/les-enjeux-de-sante

> OMS : https://www.emro.who.int/fr/world-mental-health-day/2026/index.html

> Nicolas Demorand, Si besoin, Podcast en 6 épisodes disponible en ligne sur la plateforme de Radio France https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/si-besoin


[1] https://www.santepubliquefrance.fr/sante-mentale/les-enjeux-de-sante

[2] https://www.who.int/fr/campaigns/world-mental-health-day/2026

[3] https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/les-80/les-80-de-nicolas-demorand-du-mercredi-26-mars-2025-8563874

[4] https://arenes.fr/livre/interieur-nuit/ ,édition prévue en poche à la mi-octobre 2026.

[5] https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/si-besoin/si-besoin-1932967 . Un livre sera publié prochainement à partir de ce podcast https://arenes.fr/livre/si-besoin/ .

[6] Michel Foucaul, Histoire de la folie à l’âge classique, Gallimard, Tel, 1976.

[7] Erving Goffman, Asiles. Étude sur la condition sociale des malades mentaux, éditions de Minuit.

[8] Robezrt Castel, L’Ordre psychiatrique. L’âge d’or de l’aliénisme, éditions de Minuit,1977.

[9] Voir en ligne https://www.frm.org/fr/actualites/recherche-en-psychiatrie-et-en-sante-mentale-un-livre-blanc-pour-renforcer-l-impact-de-la-recherche-en-france

[10] https://alliance-sante-mentale.org/

[11] https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/mental-health-strengthening-our-response


En savoir plus sur Centre de Recherche, de Formation et d'Histoire sociale

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Votre commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur Centre de Recherche, de Formation et d'Histoire sociale

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture