Publié dans Aujourd'hui, Recherches

Pour une expertise partagée

« Éducation : 65 millions d’experts ? »

Telle était la question posée par France stratégie aujourd’hui, dans le cadre de son séminaire pluridisciplinaire « Paroles d’experts : pour quoi faire ? »

Question interrogée dans une double dimension :

  • « Comment mobiliser la connaissance pour la décision publique en matière d’éducation 

  • « Comment partager les connaissances pertinentes pour l’éducation ? »

Évidemment, c’est à des experts que France stratégie avait demandé d’éclairer (et donc d’orienter) le débat. Et parmi eux, pas d’enseignants « de base », pas de syndicalistes, pas de parents, pas d’élèves… Pas non plus d’acteurs éducatifs… il est traditionnel que lorsqu’on parle « éducation », il faut, de fait, comprendre « école ».

Pour autant, et sans présager de ce sur quoi débouchera l’ensemble des travaux du séminaire, les trois heures d’échanges ne furent pas sans intérêt.

D’abord pour rappeler avec l’intervention de Xavier Pons -que l’UNSA Éducation a déjà interrogé sur ce sujet- les limites du débat en Éducation, constater que les décisions relèvent essentiellement d’une sphère de haut-fonctionnaires et de politique qui ne sont pas, pour l’essentiel, formés à la recherche, déplorer que la complexité des questions et des enjeux servent trop souvent de prétexte pour ne pas entrer dans des explications et des échanges plus techniques.

Faire le lien entre terrain et recherche c’est, chacune dans leur rôle, la mission que se donnent Nathalie Mons à la présidence du CNESCO impliquant les acteurs en amont et en aval des travaux dans une démarche réelle d’évaluation participative, interdisciplinaire et internationale et Louise Tourret (journaliste à France culture) alors qu’elle tente de traduire, reformuler et expliciter la parole savante pour la mettre à la portée d’un public non, forcément, spécialiste.

Si Marie Duru-Bellat a mis en évidence les concurrences entre chercheurs et disciplines scientifiques et prôné pour la recherche d’éléments raisonnablement consensuels, Bernard Toulemonde et Christian Chevalier ont regretté l’indigence de la pensée politique en matière d’éducation, l’absence de continuité de la décision publique et l’enfermement dans des logiques structurelles (telles les disciplines).

Pour Eric Charbonnier (de l’OCDE), comme pour Philippe Watrelot (ancien président des CRAP-Cahiers pédagogiques) se pose la questions des valeurs, de leur ancrage par la recherche ainsi que de la formation professionnelle des enseignants qui doit pouvoir les faire passer de professionnel à expert de l’éducation.

Plus globalement la question était bien de savoir à quoi doit servir la parole des experts, car si chacun semble -dans une analyse du système scolaire français- s’accorder sur les constats, les opinions sur les solutions à mettre en œuvre diffèrent. Une expertise partagée, entre l’expertise d’usage des professionnels de l’Éducation, des parents, des élèves et celle savantes des chercheurs devrait être au cœur de l’accompagnement de chaque réforme, tant dans sa préparation que dans sa mise en œuvre et son évaluation. C’est en effet « sur le terrain que les réformes se gagnent ou se perdent » comme la très justement rappelé Nathalie Mons.

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