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L’orientation des jeunes : le rapport du CESE et l’avis de l’UNSA

Aujourd’hui, le Conseil économique, social et environnemental, a adopté à une large majorité son rapport sur « l’orientation des jeunes ».

L’orientation interroge les valeurs de la République parce qu’elle est une interface déterminante entre la formation et l’insertion dans la vie professionnelle et qu’à travers elle est posé l’enjeu de trouver sa place dans la société, de construire du sens à son avenir, de donner une réalité à ses rêves. Enjeu d’autant plus important dans un monde incertain où de nombreux métiers se transforment, disparaissent et se créent, où les besoins en qualification augmentent, où les statuts des activités professionnelles sont interrogés, la capacité à s’orienter et se former tout au long de la vie devient essentielle.

Aussi, les 29 préconisations portées par le rapport du CESE, visent à répondre à trois objectifs :

– garantir les conditions d’un véritable accompagnement ;

– passer de procédures ponctuelles à un parcours progressif ;

– réussir son orientation pour une bonne insertion professionnelle.

Elles s’inscrivent dans une recherche de cohésion sociale et de démocratisation, cherchant à en garantir à chacun jeune des réponses à ses aspirations et une maîtrise de son parcours. Elles valorisent une orientation active, basée sur la mobilité, la construction progressive des parcours, le développement personnel et les possibilités d’évolutions ultérieures s’inscrivant dans une démarche de formation tout au long de la vie.

L’objectif visé est donc « de donner du sens à l’orientation dans une logique d’accompagnement pour que chaque jeune devienne un.e acteur.trice informé.e, avisé.e et agile dans son parcours d’orientation, de formation et d’insertion, trouve sa place dans la société et s’y épanouisse tant professionnellement que personnellement ».

Retrouvez ici le rapport du CESE :

http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2018/2018_12_orientation_jeunes.pdf

Et la déclaration de Christian Chevalier au nom de l’UNSA : CESE Orientation déclaration UNSA

Les préconisations du CESE

Préconisation n°1

Le CESE préconise de développer au sein du Parcours avenir, dès la sixième, des activités qui favorisent l’expression et l’estime de soi, l’esprit critique, les relations aux autres, la capacité de penser ensemble afin d’aider les jeunes à apprendre à se connaître. Ces activités pourraient être mises en œuvre en lien avec les

psychologues de l’éducation et être valorisées dans le dispositif Folios dans une version améliorée.

Préconisation n° 2

Le CESE recommande de former les jeunes et tou.te.s les acteur.trice.s du système éducatif à la question des déterminismes sociaux, y compris de genre, à l’œuvre dans le processus d’orientation afin qu’il.elle.s puissent les identifier et neutraliser leurs effets en particulier lors du Conseil de classe.

Préconisation n° 3

Le CESE préconise la mise en place d’une attestation « égalité femmes-hommes » dès le collège. Outil de prévention, cette attestation serait le débouché d’un parcours obligatoire de sensibilisation qui aborderait la question des inégalités femmes-hommes au sens large et serait un outil pour déconstruire les stéréotypes sexués. Un volet orientation, abordant les questions de filière et de métier dans le cadre du Parcours avenir, pourrait être intégré.

Préconisation n° 4

Le CESE préconise la programmation d’un plan de recrutement et de formation des personnels de l’orientation dont l’objectif est de tendre vers la référence européenne, un conseiller.ère pour 800 élèves, et ainsi améliorer la qualité de l’encadrement des jeunes.

Préconisation n° 5

Le CESE préconise d’offrir à chaque élève ou étudiant.e la possibilité d’effectuer sous des formes adaptées des périodes de découverte des métiers et des formations. Ces périodes de découverte seraient accessibles dès la 4ième jusqu’en terminale dans le cadre du parcours avenir, et au-delà dans le premier cycle de l’enseignement supérieur, sur des périodes de deux jours afin de rénover le dispositif actuel du stage de 3ième. Le CESE souhaite promouvoir les dispositifs numériques facilitant l’établissement des conventions de période de découvertes et les banques de données d’entreprises accueillant des élèves ou étudiant.e.s.

Préconisation n° 6

Le CESE préconise de développer, en lien avec le Parcours avenir, les partenariats de projet pédagogique entre l’école et les acteur.rice.s économiques, social.e.s, environnementaux.ales, culturel.le.s pour permettre aux jeunes de découvrir le monde professionnel dans sa diversité en tant qu’acteur.trice.s du projet et de dépasser les préjugés sur certains métiers.

Préconisation n° 7

Le CESE préconise de soutenir les démarches associatives d’engagement citoyen à travers des dispositifs de présentation d’activités professionnelles, de parrainage ou marrainage et de mentorat. Des conventions doivent garantir pour les intervenant.e.s une formation et l’existence de règles de déontologie indispensables à de telles interventions.

Préconisation n° 8

Le CESE préconise que le «Parcours avenir» bénéficie d’un horaire dédié de la sixième à la terminale et qu’il fasse l’objet d’un bilan annuel dans le cadre de l’évaluation des projets des équipes et du projet d’établissement.

Préconisation n° 9

Le CESE préconise de rendre lisible et disponible l’information sur les formations et sur les métiers à travers des sites internet labellisés et des lieux physiques d’information identifiés et accessibles à tous.tes les jeunes. Cela passe par une offre d’information nationale, via l’ONISEP, et qui se complète de façon territorialisée.

Cet enjeu de déclinaison territoriale suppose que les acteur.trice.s du Service Public Régional d’Orientation et ses partenaires coordonnent l’information de proximité et développent des lieux d’accueil des publics partagés dans le respect des missions spécifiques de chaque structure, comme le mettent en œuvre les Cités des Métiers.

Préconisation n° 10

Le CESE préconise de déplacer le palier d’orientation préparant aux trois baccalauréats de la fin de la troisième à la fin de la seconde, en mettant en place une année de seconde commune générale, technologique et professionnelle, articulant enseignements généraux, transversaux et des modules de découverte des enseignements professionnels en lycée professionnel et en Centre de Formation d’ Apprentis. Aux jeunes souhaitant – en fin de 3ième pour le niveau V notamment – s’engager dans une formation professionnelle, le CESE préconise d’étendre les modules de découverte adaptés en contenu et en durée à la situation de chaque jeune. A l’issue de ce parcours, le.la jeune pourra décider de poursuivre sa formation soit en apprentissage soit sous statut scolaire. Cette évolution nécessite une dotation ministérielle spécifique.

Préconisation n° 11

Le CESE préconise de spécialiser la formation en première et en terminale pour les diplômes de l’enseignement professionnel de niveau IV tout en offrant la possibilité de poursuivre une spécialisation de niveau IV après le baccalauréat.

Préconisation n° 12

Le CESE préconise de poursuivre, pour les filières post bac, l’effort de lisibilité de l’offre de formation en réduisant le nombre d’intitulés de licence, et renforcer leur structuration de façon pluridisciplinaire, par grands domaines de compétences.

Préconisation n° 13

Le CESE préconise de travailler à un cadre national des diplômes reposant sur des modules disciplinaires, transversaux et professionnels. Ces modules seraient majoritairement communs à tous, formant le socle de qualifications garanties par un diplôme, et en partie laissés à la main des jeunes, les accompagnants dans leur rythme d’apprentissage et leurs choix de spécialisation. Il est entendu que la spécialisation des parcours est progressive et se fait dans un cadre partagé qu’est le diplôme. Cette structuration doit être pensée de manière à reconnaître et faciliter les possibilités de mobilités entre les voies (générales, professionnelles, technologiques), les diplômes du supérieur (BTS, DUT, Licence, Master), les établissements (grandes écoles, écoles d’ingénieur, universités…), ainsi que toutes les qualifications relevant de la formation continue.

Préconisation n° 14

Le CESE préconise la reconnaissance de périodes d’interruption volontaire à partir de 16 ans consacrées au projet personnel des jeunes. Celles-ci pourraient prendre la forme d’un engagement en service civique, d’un engagement bénévole dans une association, d’un emploi salarié ou toute autre forme. Pour se concrétiser et ne pas constituer un frein dans le parcours des jeunes, cette mesure nécessite trois conditions : une communication dans les dispositifs d’information, des aides financières ou matérielles et la mise en place d’un droit à la poursuite d’études qui se traduirait par la garantie d’ un accès à la formation du choix du.de la jeune après la césure et un processus de reconnaissance des qualifications acquises durant cette période.

Préconisation n° 15

Le CESE affirme le principe que le choix d’orientation soit laissé aux jeunes.

Préconisation n° 16

Le CESE préconise de rendre obligatoire au collège et au lycée la participation de tou.te.s les élèves au conseil de classe pour la partie qui les concerne. Cette participation doit faire l’objet d’une information et d’une préparation par les élèves et les enseignant.e.s. Pour les classes de terminale, les élèves doivent être informé.e.s lors du conseil de classe des avis émis sur leurs vœux

Préconisation n° 17

Pour favoriser une offre de formation adaptée à la mise en place de véritables parcours d’orientation, le CESE préconise d’augmenter le nombre de places dans les formations les plus recherchées par les jeunes et les employeur.e.s (entreprise, secteur public, associations, économie sociale et solidaire, etc.). Par ailleurs le CESE rappelle sa demande que l’université soit mise en capacité d’accueillir et d’assurer la réussite dans le premier cycle de tou.te.s les bachelier.ère.s qui le souhaitent.

Préconisation n° 18

Le CESE préconise que les formations en apprentissage soient proposées dans Affelnet et Parcoursup.

Préconisation n° 19

Le CESE préconise une réforme des algorithmes d’affectation Affelnet et Parcoursup qui repose sur la transparence :

– Une information sur les algorithmes qui garantit la compréhension par tous du raisonnement de leur élaboration ;

– Un cadrage national des algorithmes d’affectation dans les différentes filières

Préconisation n° 20

A l’instar de l’enseignement agricole, le CESE préconise que les lycées soient le lieu commun, ancré dans la vie économique et sociale du territoire, au sein duquel les jeunes de différents milieux, dans différentes filières se retrouvent et partagent la vie de l’établissement. Pour cela, le CESE propose de développer les lycées polyvalents, disposant d’internat lorsque c’est nécessaire, et les lycées des métiers.

Préconisation n° 21

Afin de développer et structurer les missions relevant des relations entre école et monde professionnel, le CESE propose trois modalités :

que soit nommé dans chaque établissement secondaire a minima un.e délégué.e au monde économique et social du territoire disposant de l’équivalent d’un mi-temps pour développer les relations entre écoles et monde professionnel. Il.elle serait chargé.e de l’animation des comités locaux école entreprise (CLEE), en lien avec le.la psychologue de l’Éducation nationale de la spécialité «éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle», le cas échéant avec le Directeur Délégué aux Formations Professionnelles et Technologiques (DDFPT), et intégré.e à un réseau académique partenaire du SPRO.

la possibilité pour les enseignant.e.s de technologie en collège, des domaines professionnels ou technologiques en lycée ou dans l’enseignement supérieur, de pouvoir effectuer, par le biais d’une convention définissant leurs missions, un stage professionnel de longue durée ou une partie de leur activité

professionnelle dans une entreprise, un service public ou une association. Ils pourront, à l’issue d’une période de formation, être en charge de la relation école-monde professionnel sur un bassin de formation, de l’accueil des élèves en stage ou période de formation professionnelle en lien avec les délégué.e.s aux entreprises et les réseaux académiques. – De même, des salarié.e.s pourraient être détaché.e.s dans des établissements ou réseaux d’établissements pour assumer cette mission de relation entre l’école et le monde professionnel. Cela pourrait se formaliser par exemple par le biais du mécénat de compétences.

Préconisation n° 22

Le CESE préconise qu’un référentiel du « Conseil en Evolution Professionnelle » de niveau 1 (accueil généraliste) soit intégré dans la formation préparant aux métiers de l’éducation et de la formation, ainsi qu’aux métiers préparant au concours de psychologues de l’éducation de la spécialité «éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle» afin d’être en capacité de sensibiliser les jeunes à ces problématiques.

Préconisation n° 23

Le CESE préconise de donner aux commissions paritaires (CPNE) des branches professionnelles la responsabilité des référentiels métiers permettant de construire les certifications professionnelles. Ceci induit une réflexion sur le rôle et l’avenir des commissions professionnelles consultatives (CPC).

Préconisation n° 24

Le CESE préconise d’associer pour toute création ou transformation d’une certification au sein de l’enseignement supérieur des conseils paritaires relevant de secteurs professionnels.

Préconisation n° 25

Le CESE préconise d’établir des équivalences entre unités de diplôme et composantes d’une certification qui puissent être reconnues dans le cadre de la formation continue.

Préconisation n° 26

Le CESE préconise le développement de l’alternance sous contrat d’apprentissage et sous statut scolaire et universitaire en renforçant l’accompagnement des jeunes pour trouver l’entreprise d’accueil, en augmentant, en tant que besoin, le volume horaire des périodes en milieu professionnel en formation sous statut scolaire, en favorisant le développement de formations d’apprenti.e.s en lycées professionnels, en mutualisant les plateaux techniques, y compris avec les CFA, en permettant une mixité des publics dans les formations, en facilitant le passage d’une structure de formation à une autre au cours du cycle de formation.

Préconisation n° 27

Le CESE préconise la création d’un dispositif « mobilité-jeune » pour lever les freins matériels à la mobilité de tous les jeunes de 16 à 30 ans qui acceptent une formation ou un emploi situé à plus de 30 minutes de leur domicile. Ce dispositif combinerait les droits, informations et conseils, il serait construit sur mesure, en fonction du projet de mobilité du.de la jeune. Il contiendrait une solution logement, une solution transport, une solution assurances, des informations et conseils territorialisés. Afin que ce dispositif soit opérant, serait créé pour sa mise en œuvre un service mobile et itinérant afin d’entrer en contact avec les jeunes dans leur lieu de vie. Ce dispositif pourrait se matérialiser par la circulation d’un bus « droit-information-orientation-mobilité », organisée dans le cadre du SPRO et animée conjointement par les missions locales et les réseaux « information-jeunesse ». Ce dispositif jouerait autant que de besoin le rôle d’interface vers les services compétents.

Préconisation n° 28

Le CESE préconise un droit à une expérience d’immersion européenne pour tou.te.s les jeunes de 16 à 30 ans d’au moins trois mois au cours de leur parcours de formation ou d’insertion professionnelle : stage, échange scolaire ou universitaire, expérience professionnelle pendant les vacances ou dans le cadre d’une formation en alternance.

Préconisation n° 29

Le CESE préconise le développement des formations s’appuyant sur une pédagogie numérique, en proposant dans chaque commune de plus de 5 000 habitant.e.s la création d’un espace de travail numérique collaboratif, à disposition des élèves, apprenti.e.s, étudiant.e.s et des adultes en formation continue, afin de leur permettre de participer pour une partie de leur cursus, à des formations à distance dans un lieu encadré par une structure associative ou publique. Les bibliothèques, les médiathèques et les espaces publics numériques peuvent contribuer au déploiement de tels lieux.

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