Tou.te.s des « engagé.e.s » ?

Après le choc de l’abstention massive aux élections départementales et régionales, une étude BVA pour la Fondation Jean Jaurès menée en juillet dernier interroge l’ »engagement » des Français.e.s et révèle quelques surprises et des confirmations.

Quand on les interroge sur l’engagement, 74 % des Français.e.s estiment qu’«il est préférable de s’engager, même si on n’est pas sûr du résultat que l’on va obtenir ». Ainsi, 63 % se considèrent d’ailleurs « engagés », même si, seulement 11 % se déclarent « très engagés ».

Il faut dire que l’engagement est perçu comme « positif » par une très large majorité : 82 % des sondés – même si, là encore, seul.e.s deux Français.e.s sur dix (19 %) en ont une perception « très positive».

Comme l’ont déjà montré d’autres études, ce sont les jeunes qui ont une opinion la plus positive de l’engagement : très positif pour 24 % d’entre eux. Et ce sont eux qui se considère le plus comme les « plus fortement engagés : 72 % des 18-24 se considèrent engagés, dont 17 % « très engagés ». À l’inverse, 55 % seulement des personnes âgées de soixante-cinq ans et plus se considèrent engagées ». Une remise en question du « désengagement des jeunes » que l’on peut entendre parfois.

Quel « engagement » ?

Les réponses à cette question confortent également ce qui a déjà été étudié par ailleurs.

Tout d’abord, les références à l’engagement tendent à correspondre à une dimension davantage personnelle («  55 % des citations renvoient à des valeurs ou à une ligne de conduite personnelle. Ainsi, par exemple, 15% des citations ont trait au fait de « donner sa parole et de la respecter, de tenir ses promesses« , 11 % au fait « d’avoir des convictions et de les défendre » ou encore 9 % au fait « d’être responsable« .») et individuelle (« signer une pétition, faire un don ou encore boycotter une marque ou une entreprise ») que collective (« grèves et manifestations »).

Ensuite, cet engagement « ne passe plus par la politique ». Même si le vote est juger un moyen d’engagement «  efficace » pour 70 % des sondé.e.s et « très efficace » pour 31 %, il n’apparaît spontanément que pour 3 % comme un moyen d’engagement.

Plus étonnant – après les « gilets jaunes » et autres formes de radicalité, « le compromis est, en effet, très largement perçu comme consubstantiel à l’engagement et non comme un renoncement ». Ainsi pour huit Français.e.s sur dix « lorsque l’on prend un engagement et que l’on fait des compromis, ce n’est pas renoncer à ses engagements si cela permet de faire avancer un peu les choses ». Seul.e.s 19 % («les « antis », les « gilets jaunes », les personnes très à gauche ») pensent à l’inverse que « c’est déjà renoncer à ses engagements car cela revient à abandonner son ambition initiale ».

Les résultats de l’étude donnent ainsi d’une opposition entre une vision collective et une une approche individuelle séparant l’action politique (d’un côté) de l’engagement actuel (de l’autre). Au-delà de la sphère politique, cette distinction interroge l’ensemble des modes de fonctionnement démocratiques et représentatifs. « Mieux comprendre les ressorts et les leviers de l’engagement » demeure une piste essentielle pour mieux articuler les deux dimensions individuelle et collective et éviter de les opposer de manière irréconciliable.

Les résultats de l’enquête BVA – Fondation Jean Jaurès : https://www.jean-jaures.org/publication/les-francais-et-lengagement/

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