(S’)informer pour comprendre le monde

L’actualité rappelle tristement -catastrophiquement même – que la maîtrise et la diffusion de l’information est un puissant levier de pouvoir. La pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, le réchauffement climatique, les inégalités économiques… autant de problèmes qui, au-delà des faits, relèvent aussi d’un traitement médiatique et informationnel. Ils sont au cœur de l’information mais également de la désinformation ainsi que des fausses informations.

Si le rôle de la communication est important, il s’est imposé comme essentiel avec le développement de l’Internet, la multiplication des réseaux sociaux, l’essor du numérique.

Une éducation à l’information implique donc une double nécessité : apprendre à s’informer et apprendre à informer.

La première dimension, bien que certainement encore trop peu incluse dans les programmes scolaires, s’impose progressivement et la semaine de la presse et des médias à l’école, dont débute aujourd’hui la 33ème édition, y participe activement. Son thème « s’informer pour comprendre le monde » correspond aux questions d’actualités, invite à exercer son esprit critique et permet « de revenir aux fondamentaux de l’éducation aux médias et à l’information : distinguer les différentes sources, comprendre les contextes de fabrication et de diffusion de l’information, connaître les usages et les effets des images, savoir déconstruire les stéréotypes », en s’appuyant sur les objectifs suivants :

Connaître le fonctionnement du monde médiatique et les processus de construction de l’information;

Savoir lire les images (au-delà de la perception, un langage) ;

Découvrir les enjeux de l’information scientifique / déjouer l’infodémie ; 

Repérer les représentations médiatiques stéréotypées et stigmatisantes / lutter contre les discriminations.

Dans un partenariat avec la Caisse nationale des Allocations familiales (CNAF), la Semaine de la presse et des médias dans l’École cherche également à dépasser les murs de l’École, en proposant des actions à destination des familles.

Mais « s’informer et informer », s’inscrit également comme une opposition à« ingurgiter et régurgiter », pour reprendre les mots de Yves-François Le Coadic (La science de l’information. Presses Universitaires de France, 2004, pp. 114-116). Un apprentissage à l’information nécessite aussi que les enseignant.e.s sachent informer. Que leurs enseignements prennent pas en compte « les apprentissages nécessaires à la maîtrise de l’information » au lieu de s’appuyer trop souvent « sur un ensemble de connaissances tacites, figées dans un programme très dogmatique d’enseignement [qui] ne souffre pas une quelconque remise en cause, encore moins une remise en cause continuelle, qu’imposerait pourtant la rapide évolution des connaissances et les flots continus d’information qui en résultent ».

Si « s’informer » s’apprend et s’enseigne, il faut aussi qu’« informer » s’apprennent par celles et ceux-là même qui sont en charge d’éduquer à l’information. Une démarche encore trop absente des programmes de formation des enseignant.e.s qui se disent majoritairement en difficulté face au traitement de l’actualité, surtout lorsqu’elle s’impose avec la violence actuelle.

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