Un plaidoyer québécois pour faire évoluer le syndicalisme 

Pourquoi on ne la changerait pas, la “machine” ?

Militant au Syndicat de Champlain depuis plus de 20 ans, le québecois Éric Gingras propose un « Plaidoyer pour un syndicalisme actuel » pour réfléchir, analyser et proposer des stratégies pour construire l’avenir du syndicalisme. Alors que ce 24 juin est la fête nationale du Québec, il est enrichissant de s’inspirer de ce que cette réflexion peut apporter et être transposée à notre syndicalisme de l’Éducation en France.

Le premier éléments essentiel que revendique l’auteur est celui de la proximité, « la proximité sur le terrain, soit dans les écoles, les centres de formation et les bureaux des centres de services scolaires », qui précise que « la proximité avec les membres, c’est plus que ça. C’est aussi écouter ce qu’ils réclament, mettre en œuvre les orien­tations et les mandats qu’ils nous confèrent », c’est aussi la « capacité d’adaptation à leurs besoins, par notre volonté d’opérer les changements de mœurs et de pratiques qu’ils revendiquent et par notre désir de nous adapter aux nouvelles technologies de communication ». Il s’agit de « prendre en compte leurs demandes et ne pas juger de haut leur compréhension politique des dos­siers, des budgets, des enjeux, etc. ». Pour Éric Gingras, les organisations syn­dicales, doivent « être à la fois moteurs d’action et miroirs des gens » qu’elles représentent et qui sont « aussi le reflet de la société ».

Le but du manifeste est donc de faire bouger les choses, mais pas seuls dans son coin. « Des changements plus profonds s’imposent, et ils concernent tous les niveaux de nos structures organisationnelles ». Or, il constate qu’actuellement « il n’y a pas de place pour véritablement débattre d’un changement de vision et de pratiques à l’intérieur même » des structures syndicales.

Voici plus de 20 ans que l’on parle du renouveau du syndicalisme. « Chose certaine, les membres, les militants ont changé, et les leaders syndicaux qui s’apprêtent à prendre les rênes n’ont pas le même bagage que leurs prédécesseurs ». Il est donc indispensable de prendre « conscience de l’importance que ces changements repré­sentent pour nos syndicats, pour nos réflexions et pour les transformations que nous devons opérer ». L’ouverture au monde, la communication, l’adaptation des « organisations pour que le discours reflète mieux la réalité des gens que nous représentons », sont des questions stratégiques… cruciales, parce que «pour assurer son leadership, une grande organisation syndicale doit être imprégnée de son époque tant sur le plan socioculturel qu’en matière de rhétorique, de didactique, de technologie et d’organisation ».

Changer d’orientations ?

Non, car pour l’auteur, les solutions des organisations syndicales sont les bonnes, mais il « faut simplement être en mesure de les mettre davantage en valeur, de les rendre plus attrayantes et au goût du jour afin de les diffuser plus efficacement et de mieux les vendre ». A la proximité physique, il s’agit donc aussi de penser une proximité de discours, car comment demander aux personnels « de militer pour une organisation qui, au final, ne leur ressemble pas ? C’est complètement incohérent ! ».

L’auteur propose donc quelques pistes, comme celle de parler clairement des enjeux que vivent les personnels dans leurs milieux de travail : manque de ressources, charge de travail trop lourde, précarité, etc. ou celle d’assumer véritablement « un rôle d’acteur social, [en mobilisant les membres des organisations syndicales] sur des enjeux et des questions plus larges, qui les touchent et suscitent leurs réactions dans leur quotidien : finances de l’État, législation, élections, problèmes sociaux, etc. Évident ? Pas vraiment ».

« Je voudrais qu’une personne syndiquée, militante ou non, mais concernée par les affaires de son syndicat, puisse se dire :  » Voilà ! C’est ça dont j’aurais envie. Ça me ressemble plus ! » Je voudrais aussi que les militants syndicaux qui, actuelle­ment, remettent en question certaines pratiques dans leur organisation (et il y en a beaucoup !), se disent en lisant ce livre : « Bingo ! Voilà ce dont on a besoin ! » » écrit l’auteur en fin de l’introduction de son plaidoyer dans lequel nous retrouvons beaucoup de pistes évoquées dans le travail du Centre Henri Aigueperse sur le syndicalisme face aux enjeux du XXIe siècle : https://centrehenriaigueperse.com/2021/04/01/le-syndicalisme-au-tournant-du-xxie-siecle/

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