Parce que le théâtre est et doit demeurer populaire

Encore une semaine pour la 76e édition du Festival d’Avignon (le « in »), un peu plus (jusqu’au 30 juillet) pour la 56e du « off », une occasion de se réjouir de la possibilité retrouvée de renouer avec la fréquentation du spectacle vivant et d’inviter le plus grand nombre à (re)trouver le chemin du théâtre. Occasion aussi d’un petit retour en arrière dans les écrits, les projets et les ambitions de celui qui fut le créateur du Festival et le directeur du Théâtre national populaire (TNP), Jean Vilar, dont la revue Esprit publie une note, intitulée « le service public » et qu’il adressait en 1960 à tous les services du TNP.

De ce texte, deux éléments majeurs sont à retenir. Tout d’abord, celui de la volonté d’un théâtre ouvert, s’adressant à toutes et tous, envisageant cette dimension populaire à la fois comme une priorité aux plus éloignés du spectacle vivant et une volonté de « faire peuple« , dans une société -somme toute – divisée :

Le second est de faire sortir le Théâtre de son lieu clos, de l’ouvrir afin d’être davantage « au siècle ». Pour cela Jean Vilar invite une partie des comédiennes et comédiens mais aussi des technicien.ne.s et des administratifs du TNP à aller à la rencontre du peuple :

Une invitation à être des « militant.e.s » pour un échange bénéfique à la fois pour lier les gens de théâtre « aux réalités » du temps présent et pour augmenter « l’influence et la réputation de ce théâtre ».

Ce fut le but même du Festival d’Avignon : favoriser la rencontre, les échanges, les confrontations, les connaissances mutuelles entre le théâtre et le peuple. Une volonté toujours à l’œuvre ? Si l’élitisme de certaines pièces ou la multiplication du marché de plus d’un millier de spectacles peuvent laisser planer un doute, la diversité de ce qui est présenté et pourra ensuite irriguer les nombreuses scènes présentes sur l’ensemble du territoire font la richesse d’un art qui est et doit savoir demeurer « populaire ».

——————————————————

Pour retrouver le texte de Jean Vilar publié dans la revue Esprit de mai 1965 et à nouveau disponible dans le cadre des 90 ans de la revue : Le service public | Revue Esprit (presse.fr)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :