De belles progressions en Éducation sauf pour les salaires des enseignant.e.s

Alors que ce 5 octobre est la journée mondiale des enseignant.e.s, le rapport annuel « Regards sur l’éducation » de l’OCDE paru il y a deux jours éclaire la situation de l’Éducation dans les pays affiliés et permets un gros plan sur le cas de la France.

Des enseignant.e.s mal payé.e.s

Le premier point mis en évidence, malgré les bons chiffres de scolarisation de la maternelle à l’université et une part du budget national importante consacrée à l’enseignement, demeure la faiblesse des salaires des enseignant.e.s français. Ainsi, le rapport montre que « les salaires statutaires des enseignants en France restent inférieurs à la moyenne de l’OCDE à chaque étape de la carrière à tous les niveaux d’enseignement sauf dans le pré-élémentaire ». Il précise que « selon le niveau d’enseignement auquel les enseignants enseignent, les salaires statutaires des enseignants ayant les qualifications les plus répandues sont inférieurs à la moyenne en 2021, de 5 à 10 % en début de carrière, de 12 à 20 % après 10 et 15 ans d’expérience, et de 2 à 6 % en haut de l’échelle des salaires, sauf dans le pré-élémentaire où les salaires en haut de l’échelle sont supérieurs de 3 % à la moyenne OCDE ». A ce différentiel, il faut ajouter que dans presque tous les pays de l’OCDE, et à presque tous les niveaux d’enseignement, «les salaires effectifs moyens des enseignants restent inférieurs aux revenus des travailleurs diplômés du supérieur ». C’est également le cas en France : en 2019, les enseignant.e.s français.e.s gagnaient « 13% de moins dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, respectivement 20 et 22 % de moins dans le pré-élémentaire et l’élémentaire, et 3 % de moins dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire que les autres travailleurs âgés de 25 à 64 ans diplômés de l’enseignement supérieur ». Il faut certainement y voir une des causes de la pénurie actuelle de recrutement.

Le fort développement des diplômé.e.s du supérieur

Le rapport 2023 de l’OCDE met un éclairage particulier sur l’enseignement supérieur et montre le fort accroissement des diplômé.e.s Ainsi, « entre 2000 et 2021, la part des 25-34 ans ayant un niveau d’études supérieures a augmenté en moyenne de 21 points » Cette progression est légèrement plus lente en France (19 points) car la proportion de 25-34 ans ayant un niveau d’études supérieures en 2000 était déjà élevée. Elle passe pour autant de de 31 % en 2000 à 50 % en 2021. « En conséquence, la France est l’un des 14 pays de l’OCDE où au moins la moitié des 25-34 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur. La France fait également partie des 11 pays de l’UE qui ont déjà atteint l’objectif européen d’avoir au moins 45 % de diplômés de l’enseignement supérieur chez les 25-34 ans d’ici 2030 ». La répartition des diplômes est assez différente de la moyenne des pays de l’OCDE, puisque, en France, « en 2021, 14 % des 25-64 ans ont un niveau d’études supérieures de cycle court, 12 % ont une licence et 14 % ont un master. Cette situation est différente de la moyenne de l’OCDE, où les diplômes de licence sont les plus courants (19 %), suivis des diplômes de master (14 %) et des diplômes supérieurs de cycle court (7 %). Comme dans tous les pays de l’OCDE, seule une petite fraction de la population est titulaire d’un doctorat : la part est de seulement 1% en France. »

Les diplômes, passeport pour l’insertion, particulièrement pour les femmes

Regards sur l’éducation 2023 rappelle que le niveau de diplôme est directement corrélé à celui du salaire et du taux d’emploi. Ainsi « ceux qui « décrochent » à l’école se retrouvent ainsi en très grande précarité plus tard. En 2021, les taux d’emploi des 25-64 ans sont en France de 53 % pour ceux sans diplôme du deuxième cycle du secondaire, de 74 % pour les diplômés du deuxième cycle du secondaire ou post-secondaire non supérieur et de 86 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur (les moyennes de l’OCDE sont respectivement de 58 %, 75 % et 85 %) ». Ce lien positif entre le niveau d’éducation et le taux d’emploi est encore plus réel pour les femmes. « En France, seules 39 % des femmes de 25 à 34 ans ayant un niveau d’études inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire sont employées, contre 86 % de celles ayant un niveau d’études supérieures (les moyennes de l’OCDE sont respectivement de 43 % et 82 %). En revanche, ces chiffres sont de 62 % et 89 % pour les hommes de 25 à 34 ans (les moyennes de l’OCDE sont respectivement de 69 % et 88 %) ».

Pour retrouver l’ensemble des éléments du rapport de l’OCDE et ses déclinaisons pour la France : https://www.oecd.org/fr/education/regards-sur-education/

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