Personnels administratifs : les invisibles du système éducatif

Voici bien des années que les syndicats, au premier rang desquels A&I UNSA, le dénonce, mais cette fois la recherche menée par Georges Fotinos et José Mario Horenstein (à la demande justement d’A&I UNSA) le démontre : les près de 53.000 personnel.le.s d’administration de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur sont méconnu.e.s, oublié.e.s, invisibilisé.e.s. Pourtant, le système éducatif repose très largement sur leurs missions. Les 8319 réponses analysées par l’étude rendent ainsi compte de professionnel.le.s en mal d’écoute, de respect, de remerciement et de reconnaissance de la part de leurs ministères employeurs, ainsi :

-près de 4 personnel.le.s d’administration sur 10 ne se sentent pas écouté.e.s et 1 sur 3 ne se sent pas respecté.e par la hiérarchie ;

– en revanche, 9 personnel.le.s d’administration sur 10 se sentent respecté.e.s et écouté.e.s par leurs collègues ;

– plus de 7 personnel.le.s d’administration ont l’impression que les usagers de leurs lieux d’exercice ont de la considération pour eux ;

– pour autant, 7 personnel.le.s d’administration estiment que les services de leur administration ne connaissent pas bien leurs activités.

En adéquation avec les résultats obtenus par le baromètre UNSA des métiers de l’Éducation, l’étude met en évidence un écart important entre le ressenti positif d’un métier et de missions qui ont du sens et des conditions de leur exercice qui tendent à se dégrader. Si 79% des personnel.le.s d’administration trouvent du sens dans l’exercice de leur travail et 68% sont satisfaits par l’utilisation de leurs compétences, elles et ils sont, par contre, 42% à estimer leur métier pas très motivant, et 43% à penser que leur travail n’est pas reconnu et qu’elles et ils doivent faire régulièrement face à des injonctions souvent contradictoires (davantage en catégorie A, 62% qu’en catégorie B, 55% ou en catégorie C, 54%). De même, plus de 6 personnels (62%) sur 10 indiquent une dégradation de leurs conditions de travail, 58% estimant que cette évolution globale s’est produite au cours des 4 années écoulées. Il est également notable que cette dégradation est davantage ressentie pour les personnels de catégorie A (68%) que pour les autres (63 pour les B et 58% pour les C), un sentiment à rapprocher certainement de l’augmentation du temps de travail qui, si elle est indiquée de manière assez équivalente dans les trois catégories (autour de 77%), conduit à atteindre plus de 40 heures de travail hebdomadaire pour 81% des personnels de catégorie A (contre 51% des C et 60% des B).

Conséquences de la dégradation du ressenti professionnel, les personnel.le.s d’administration sont 47% (50% en catégorie A, 48% en catégorie B et 45% en catégorie C) à exprimer leur réflexion sur une éventuelle reconversion. L’enquête montre également que le lieu de travail (EPLE, rectorat et DSDEN, service du MEN ou établissement de l’enseignement supérieur) a un impact sur ce ressenti et que majoritairement, tant dans l’enquête quantitative que dans les réponses aux questions ouvertes, une revendication de faire du lieu de travail un espace de meilleure écoute se fait sentir.

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